journal de l’aube
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Matin encore un. La vie prend le dessus et...
5 décembre 2017
Matin encore un. La vie prend le dessus et flanque la mort sous le tapis. C’est dire qu’elle est encore là. Je n’y pense pas sauf à ces doigts invisibles plantés dans mes poumons et qui font le corps bosselé-troué. Optimiste de vigueur et de bonne fortune. Le corps et l’esprit font encore un ensemble qui se tient. Brassage post partum de la maladie et du bien-être. Du meurtre et de la naissance. J’ai compris que mon corps n’allait pas (...)
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Mon corps abri, caverne, l’envers bleu et sang...
1er décembre 2017
Mon corps abri, caverne, l’envers bleu et sang de ce monde. Mon corps, lignes troubles, lignes nettes. Formes, l’équilibre. Mon corps citerne de trop de pluies. Eponge suturée de crochets, d’aiguilles de filasse serrant au plus secret, ce que j’ai de plus immense. Mon souffle bourrelé de pièges et de ligatures, contraint dedans à des amplitudes éteintes, l’étroitesse du manque d’amour. Mon corps a parlé. Il a retourné la vasque pleine de (...)
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prier notre-dame des cailloux Mon corps abri,...
17 novembre 2017
prier notre-dame des cailloux Mon corps abri, caverne, l’envers bleu et sang de ce monde. Mon corps, lignes troubles, lignes nettes. Formes, l’équilibre. Mon corps citerne de trop de pluies. Eponge cousue de crochets, d’aiguilles de filasse serrant au plus secret, ce que j’ai de plus immense. Mon souffle bourrelé de pièges et de ligatures, contraint dedans à des amplitudes éteintes, l’étroitesse du manque d’amour. Mon corps a parlé. Il a (...)
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rien. que des garrots d’ossement dans la...
1er novembre 2017
rien. que des garrots d'ossement dans la marche. je flanche dans les virages, je serre le rythme. mon corps est drainé de feux rouges, d'accrocs, de morsures. mon corps attend que l'étreinte démord, de retrouver une forme de danse dans laquelle le ciel et la terre seraient à l'amble. mon corps est une caverne, une pierre retournée sur elle-même . dehors semble s'éloigner, dedans s'intensifier. on y attrape la lumière, elle s'y perd (...)
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tourbe légère des aubes, chaque matin la...
1er novembre 2017
tourbe des aubes, chaque matin la lumière vanne mes grains. des insectes montent de mon corps au travail de guérir ; ça passe par cette envolée de poussières. je suis ventilée, vague humaine qui remodèle ses contours. j'ai perdu cette nuit quelques bestioles de douleur, mon corps a soudé de nouvelles matières. j'ai senti en moi des coutures, des batailles d'aiguilles. et les nerfs vifs n'ont cessé de faire le constat des travaux de (...)
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mourir de vie ou de temps ? le choix est-il...
29 octobre 2017
mourir de vie ou de temps ? le choix est-il déjà fait ? le corps qui me possède a le tastevin plein de sangs, d'herbes et de sucs il hésite, me crache ou me boit. je suis dans un caveau dans lequel résonnent les mots et les vices de l'air. nous pourrions tomber dans les flacons de l'abîme, nous enivrer de rires ou saisir la perche d'une rampe, nous hisser vers le sol frais du matin. dans ma couche tes falaises lourdes attendent. une (...)
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Vous êtes soudain – ce n’est que le temps d’un...
22 octobre 2017
Vous êtes soudain – ce n’est que le temps d’un mot qui tombe, pauvre feuille de route- dans le pavillon des cancéreux- Le monde est aussitôt projeté derrière la substance vitreuse, d’un côté les vivants et de l’autre les hors sol. Ni de racines ni d’ailes. Des gens flottent dans l’absence déjà, dans l’absence prochaine, dans l’absence peut-être. Je vois chaque visite dans ses mouvements désormais interdits, ses histoires variées, sa liberté. Et la (...)
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mes doigts tressent une écume grise, je...
4 octobre 2017
mes doigts tressent une écume grise, je voulais toucher tes cheveux rampe douce que j'ai prise une vague idée de l'amour attrapée sous la main que je garderais pour ma seule caresse. je connais ces paroles que l'ont dit et qui se dissipent as-tu dit ? je connais ce poème qui n'est à personne je connais la lumière partie, la nuit et la musique. tout a été inventé pour une image mais ma main ne se tromperait pas. ce qui est toi est (...)
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je glisse, un corps vague précaire rompu d’os...
18 septembre 2017
je glisse, un corps vague précaire rompu d’os bleus de la couleur des pierres diseuses d’aventure la montagne précieuse s’écroule lente et terrible une boule d’azur dérochant vers la mer je glisse, du talc froid des hauteurs, à l’abîme filé au rouet des murènes j’ondule à perte d’une étincelle de neige à l’astérie éclatée de ta main le sel du ciel dans les larmes du barracuda je (...)
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Je dois parler de toi, sinon je ne serai...
15 septembre 2017
Je dois parler de toi, sinon je ne serai bientôt plus personne. Les mots connaissent des cimenteries de désert où l’on sable les roses Je dois te parler des mouvements de l’amour, du pas en avant L’autre qui s’échappe comme la chair veut la prise et l’esprit l’ivresse Tu ne cesses de jeter mon amour par-dessus ton épaule, des chasse sortilège. Je suis maudite et salis ta chance Tu as peur du mal que j’abrite Ce pauvre malheur niché sous la (...)